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Les appartements du Duc

 

 

L’antichambre de l’appartement du duc (13)


Le style de l’antichambre de l’appartement du duc (13) est équilibré, empreint de néo-classicisme, notamment au plafond. Les tableaux ont pour la plupart des connotations religieuses et sont dus aux maîtres italiens et flamands de l’époque baroque.
 

La Chambre Rose (14)
 
De toutes ces salles, la Chambre Rose (14) constitue l’une des plus agréables surprises.
Ici plus qu’ailleurs on retrouve les idées artistiques appréciées à Berlin et Potsdam, plus particulièrement dans les châteaux de Friedrich II: c’est le stucco lustro ainsi que la polychromie des fleurs et la décoration ornementale en stuc argenté, au lieu de dorure.
Au plafond on reconnaît la déesse du Printemps, Flore, et son entourage; les mêmes idées influencent les décorations murales: 21 guirlandes de fleurs en stuc peint de couleurs variées s’élèvent au-dessus des panneaux en stucco lustro. En mai 1997 on finît la rénovation du parquet, qui fut originalement fait en 1739 selon les dessins de Rastrelli par le maître menuisier Johann Baptiste Eger. Le lustre est l’œuvre des verriers de Courlande; il fut monté dans la seconde moitié du 18ème siècle.
 
 
 
 

La chambre bleue (15)

Aux murs couverts de soie bleue se succèdent des tableaux de l’école hollandaise. Ceci correspond à l’aspect d’origine du château : au 18ème siècle on exposait à Rundale principalement les travaux des peintres hollandais, y compris un tableau de Rembrandt «Siméon et Anne au temple» trônant désormais dans le Kunsthalle de Hambourg. Les tableaux les plus remarquables de cette pièce sont ceux de Melchior de Hondecoeter, Jan Hackaert, Frédéric de Moucheron, Otto Marseus van Schriek et certains peintres allemands ayant travaillé sous l’influence de l’école hollandaise.
 

La chambre mirabelle (16)

Cette pièce est tapissée de soie couleur «mirabelle». Ici sont présentés les portraits des membres de la dynastie des Biron ainsi que ceux des souverains européens de l’époque. On aperçoit la tsarine russe Anna Ivanovna, ainsi qu’Elisabeth Petrovna, Catherine II et Pierre III.Le portrait du Duc Ernst Johann Biron, peint par Leonhard Schorer, se trouve encadré par les portraits du tsar russe Pierre I et du roi de Prusse Friedrich II, symbolisant ainsi la situation politique médiane de la Courlande entre ses deux puissants voisins. Le portrait du Roi de Pologne Stanislas Auguste, peint par Gottlieb Schiffner, doit être compris comme celui du dernier suzerain de Courlande. Cependant, le Duché était au 18ème siècle déjà de fait indépendant de la Pologne. C’est un peintre de la Cour courlandaise, Friedrich Hartmann Barisien, qui a réalisé les portraits de la veuve du duc Ernst Johann - Benigna Gottlieb, du duc Peter et de sa femme Dorothea, ainsi que de leurs deux filles aînées, Wilhelmine et Pauline.
 

La chambre à coucher du Duc (17)

Les décorations des murs et du plafond furent réalisées pendant la deuxième période de construction du château, même si elles ont conservé des éléments antérieurs, comme le parquet et les poêles en céramique bleue (réalisés par le potier Gottfried Kater à Dantzig en 1740). Ces poêles sont les seuls du château à n’avoir pas changé de place par la suite. Les quatre autres poêles d’origine furent en effet remontés après avoir été transportés à Riga en 1935. On aperçoit au plafond des personnages de la mythologie antique en posture courtoise: Vénus et son amant Mars (d.ieu de la Guerre), leur fils Amour et son professeur Mercure (messager des d.ieux, reconnaissable à son casque ailé). A leurs côtés se déploient des thèmes habituels au style baroque: Léda avec le cygne, Luna et Endymion, Vénus au miroir et enfin Jupiter prenant les traits de la déesse Diane pour pouvoir s’approcher de la belle nymphe Callysto. La rénovation de l’alcôve fut réalisée en 1990 à partir de vieilles photographies. Les boiseries dorées avaient été détruites en 1919. Le parquet fut quant à lui posé en 1739 par le maître Jean Baptiste Eger. Ce sol n’est pas seulement le plus abouti techniquement du palais de Rundale, mais surtout le plus représentatif du style baroque. La Chambre à coucher arbore peu de tableaux, mais leur choix est très symbolique. On aperçoit sur l’un des murs les portraits du bâtisseur du château, Ernst Johann et de sa femme Benigna Gottlieb, peints vers 1739 à l’apogée de leur règne. Il s’agit de copies anciennes des portraits du peintre de la cour russe, Louis Caravaque. Un autre peintre de la cour, Lucas Conrad Pfandzelt, est l’auteur des portraits du mur opposé, ceux des protecteurs du Duc : le tsar Pierre III et la tsarine Catherine II. La Chambre à Coucher du Duc dispose de deux petites portes à droite et à gauche de l’encastrement dédié au lit du duc. A droite la porte mène à la salle de bain, à gauche à une garde-robe.
 

Le cabinet d’audience du Duc (18)

L’ambiance de fête qui règne dans cette pièce provient de la couleur rouge foncée utilisée pour les tentures murales en soie. Le plafond raconte le mythe de Vénus et de son amant Adonis, fils du souverain de Chypre. La déesse tente d’empêcher Adonis de partir pour une partie de chasse où il sera finalement dévoré par un sanglier sauvage envoyé par le jaloux d.ieu Mars. Les meubles sont de style Louis XVI, très apprécié par le duc Peter. Parmi eux se trouve le meuble le plus précieux de la collection du château: une commode en laque noire de l’ébéniste parisien Jean-Henri Riesener. La grande horloge installée sur la commode provient également de France, de même qu’une deuxième commode, ouvrage de l’ébéniste parisien Etienne Avril. On aperçoit un grand portrait du duc Peter, dont l’histoire mouvementée mérite d’être contée. En 1781 ce portrait fut offert par le duc Peter à l’Académie Petrina de Ielgava, fondée par lui en 1775. En 1792, influencé par les idées de la Révolution Française, un élève de l’académie crève le portrait d’un coup de rapière; cet élève n’est autre que Ulrich von Schlippenbach, futur écrivain. Le duc offensé retire le portrait et en 1795, quittant la Courlande, l’offre à son médecin personnel le professeur Groschke. En face se trouve le portrait de la duchesse de Courlande Dorothea, peint par Barisien vers 1783. Les trois tableaux français du 18ème siècle que l’on aperçoit par ailleurs représentent la Sagesse , l’Abondance et la Justice.
 

Le salon italien (19)


Ce salon témoigne de l’amour du Duc Peter pour l’Italie, qu’il visita en 1785 y fondant le Prix de l’Académie des Beaux-arts de Bologne. On retrouve dans cette salle des meubles d’un style propre au Nord de l’Italie, des gravures de Giovanni Battista Piranesi et une ancienne copie du portrait de la duchesse Dorothea de Courlande peinte à Rome en 1785 par Angelica Kaufmann. On y trouve également le portrait de la sœur de la duchesse, Elisa Von der Reke, par Anton Graff.
 
 
La salle à manger du Duc (20)

En 1994 ont été achevés les travaux de restauration de cette salle à manger (nommée aussi salle de marbre du fait du stucco lustro des murs aux couleurs sobres, gris et bleu). Cette salle se caractérise par les stucs riches et colorés du plafond. On y trouve encore une fois, parmi les guirlandes de fleurs, le monogramme d’Ernst Johann. Les sculptures et bas-reliefs de la salle représentent le duc Peter de Courlande, sa femme et ses filles. Il s’agit de copies d’œuvres de Gottlieb Pfeffer, d’Antonio Canova, de Christian Daniel Rauch et de Bertel Thorvaldsen d’après les originaux qui se trouvent dans divers musées et collections particulières. Dans les vitrines, sont présentés quelques exemplaires du service de table dit Courlandais, réalisé à la demande du Duc Peter dans la manufacture royale de porcelaine de Berlin vers 1787. Ce service continu à être produit de nos jours.
 

La salle Chouvalov (21)

Voici un parfait exemple de ce qu’était le Château de Rundale durant la deuxième moitié du 19ème siècle, quand souffla sur les intérieurs du château un vent de jeunesse, du fait notamment des œuvres d’art ramenées par les comtes Chouvalov. Les décorations de la chambre dans leur ensemble témoignent du “second rococo», reprenant d’une manière très pompeuse les idées architecturales du 18ème siècle. Les meubles «style Boulle» illustrent bien cette tendance, avec leurs incrustations de cuivre et d’écailles de tortue à la manière de l’ébéniste André Charles Boulle qui travaillait à la cour du Roi Louis XIV de France au 17ème siècle. Les propriétaires de l’époque, les comtes Piotr et Pavel Chouvalov et certains monarques russes y sont représentés. On notera aussi la présence d’une sculpture en marbre à l’effigie d’Alexandre II.
Ce salon des Chouvalov se situe à l’extrémité ouest de l’enfilade. Au centre de celle-ci se trouvent la Garde-robe et la Salle des Bains, lesquelles donnent sur les deux Cabinets de Travail du Duc. C’est là qu’on apercevra deux cheminées, chargées de chauffer les pièces pendant les froides journées du printemps et d’automne.
 
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