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L’aile des réceptions
 
L’Antichambre de la salle d'or (1)


Les salles de réception sont précédées d’une petite antichambre (1) où l’on peut apprécier des œuvres des écoles flamande et italienne. Ce sont des peintures qui n’ont été placées ici que depuis l’ouverture du musée, comme d’autres objets du château. En 1795, le duc Peter déplaça en effet tous les meubles de Rundale et de ses cinq autres châteaux vers ses résidences de Silésie et de Bohème. A son tour, les meubles et objets d’art de la période Zoubov et Chouvalov furent eux détruits pendant la Première Guerre Mondiale. Le musée du château a acheté beaucoup d’objets; d’autres ont été offerts par diverses institutions ou sont des donations privées. Au final, la décoration des salles et des chambres correspond au moins théoriquement à l’aspect probable du château à l’époque des ducs de Courlande. Dans l’Antichambre de la Salle d’or se trouve l’un des rares objets qui soient restés du règne du duc Peter : une chaise peinte vert et or de style néo-classique qu’il avait commandé dans les années 1780.

La Salle d’or (3)

La suivante est la Salle d’or (3), la plus somptueuse du château. On y trouve les décors en stuc doré sur le fond de stucs du sculpteur allemand Johan Michael Graff et le plafond luxuriant de Francesco Martini et de Carlo Zucchi, donnant une impression de splendeur seyant très bien à la fonction représentative de la salle du trône. Ici on ressent les influences du château de Versailles, notamment du Salon de la Guerre et du Salon de la Paix, ou encore celles de la Galerie Dorée du château de Charlottenbourg à Berlin - les guirlandes emblématiques en stuc doré lui sont en effet empruntées. Le plafond de la salle rend gloire aux vertus du souverain de façon allégorique comme il était coutume à l’époque baroque. Ainsi sont symbolisées la Force, la Sagesse, la Probité, la Grâce, la Gloire ou encore la Prospérité, qualités dont le souverain est censé faire don à son pays.
 
Le plafond fut achevé en 1767, comme en rend compte la plaque peinte dans la voussure du plafond avec le chiffre 1767, soutenue par un putto :
 

 
 
 Francesco Martini et Carlo Zucchi, ses auteurs, participèrent à la construction du Palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg – réalisé sous les ordres de Rastrelli - avant de venir en Courlande. Ils travaillèrent aussi à Dresde, appartenant ainsi à cette grande famille d’artistes qui favorisèrent l’expansion du style baroque italien dans l’Europe entière aux 17ème et 18ème siècles. Les artistes italiens ne travaillèrent pourtant que très rarement en Lettonie. Aux plafonds et sur les panneaux muraux on trouve représentée une variété d’arts et métiers : ceux de la Musique , de l’Architecture, de la Géographie , de l'Elevage, de l’Horticulture, de la Pêche et de la Chasse. Les méthodes de décoration utilisées par Rastrelli se combinent avec le style rococo prussien propre à Johann Graff. La Salle Dorée est la pièce qui a été le mieux conservée à travers les siècles. Le parquet est encore authentique des années 1760, les décors en stuc ont conservé les mêmes dorures qu’à leurs origines, bien qu’ils fussent complétés par la suite par les restaurateurs. Même le plafond, quoique repeint au 19ème siècle, n’a que peu souffert en comparaison des autres salles.

Le cabinet des porcelaines de la salle d'or (2)

Le cabinet des porcelaines (72) constitue un délicat contrepoids à la magnificence et au luxe de la Salle d’or (1). Les 34 consoles soutiennent des vases en porcelaine de Chine, dont la plupart exhalent une douce harmonie de couleurs propre à l’époque «famille rose» de l’Empereur Shenlun. Les deux panneaux muraux ont été conçus comme des miroirs qui agrandissent visuellement la taille de la chambre.
 

La grande galerie (4)

Vous prendrez ensuite la grande Galerie (4). La restauration de son plafond dura quatorze ans car il s’agissait de la partie la plus détériorée de tout le château, notamment du fait de la pluie qui l’endommageait petit à petit depuis le 18ème siècle. On découvrit pendant la restauration qu’à l’origine aussi les murs étaient recouverts de peinture qui depuis 1813 ont été cachées par une couche de peinture vert grisâtre, puis à la fin du 19ème siècle par une couche rouge brune afin d’accueillir la collection de tableaux du Comte Chouvalov. Ces couches postérieures ont été enlevées mais la restauration définitive est toujours en cours. La grande galerie, relique de l’art grandiloquent italien, est de facture très rare pour la Lettonie.

La salle blanche (7)

La Salle Blanche (7), dont la fonction première était d’accueillir les danseurs, se prénomme ainsi depuis le 18ème siècle. La couleur blanche ne fut pas le fait du hasard, mais choisie pour créer une ambiance légère et gaie. Si l’on pouvait se sentir perdu sous l’avalanche de couleurs et d’ornements de la Salle d’or, la discrète décoration de la salle blanche (7) mettait elle plus en valeur les belles robes de ces dames et les vestes luxueuses de ces messieurs. L’impression de clarté est accentuée par la présence de cinq panneaux miroirs, imitant les treize fenêtres authentiques. Avec cette salle, J. M. Graff réussît ici le plus beau coup d’éclat de sa carrière. Les décorations stuquées couvrent murs et plafonds et paraissent au premier abord répéter des motifs symétriques. En réalité rien ne se répète, tout est bouillonnant d’imagination, de fraîcheur et de maîtrise. Surplombant la porte s’étalent les 22 scènes en bas-relief représentant la vie villageoise et les métiers de l’époque (chasse, agriculture, élevage, horticulture, musique). Les reliefs au-dessus des fenêtres symbolisent les quatre éléments: la terre, l’air, le feu et l’eau.
 
 
Sur les corniches des murs longitudinaux, on aperçoit les représentations allégoriques des quatre saisons de l’année:
 
Hivers
 
 
Printemps
 
 
Eté
 
 
Automne
 
 
La célébrité du nid de cigogne au centre du plafond (levez la tête) n’est plus à établir.  Il est composé de vraies branches, très légèrement recouvertes de plâtre.
 
 
 
 
 Une vraie famille de cigognes, que l’on peut apercevoir en été par la fenêtre de la salle blanche, s’installa d’ailleurs en 1992 sur la cheminée de la partie nord-ouest. Cette salle présente le seul parquet du château qui n’est pas d’origine. Les pas des danseurs l’usèrent en effet beaucoup et le Comte Chouvalov fut obligé d’installer un nouveau revêtement du sol en 1892. C’est celui que l’on peut fouler aujourd’hui.

Le cabinet ovale des porcelaines (8)

Aux alentours des années 1740, alors qu’on avait presque terminé la construction de la chapelle du château, on construisit un escalier pour les paysans, débouchant sur la pièce ovale (8), afin que les habitants des alentours puissent assister aux offices religieux sans passer par les appartements du château. A la place de l’escalier des paysans, J. M. Graff installa le cabinet ovale des porcelaines (8). C’est la pièce la plus dynamique du château. Les 45 consoles, alignées les unes après les autres sur le panneau du milieu, s’entremêlent dans un brusque jeu de courbes rappelant une véritable cascade, au sein de laquelle les consoles se soulèvent comme des vagues tout en soutenant des vases chinois et japonais. Cette salle souligne bien les idées architecturales en vogue au 18ème siècle en Europe, donnant une impression d’exotisme qui n’existaient pas dans les autres chambres.

Les cabinets de repos (6)

A l’autre bout de la Salle Blanche se trouvent trois petits cabinets (6) où l’on pouvait se reposer pendant les bals. L’un d’entre eux est orné de petits miroirs rhomboïdaux incrustés dans les décorations murales, donnant un effet de jeu de lumières aux cabinets. La finesse des détails de leur décor s’accorde à leur taille modeste. Ce sont, avec la salle de toilette de la Duchesse (30), les salles les plus petites du château.

La petite galerie (9)

La petite galerie fait la jonction entre la Salle Dorée et la Salle Blanche. Les pièces situées à l’est de la galerie avaient des fonctions pratiques: on montait par là les plats au cours des réceptions. Parmi ces pièces, la plus remarquable est sans conteste le Salon Bleu (11), tapissé de soie bleue. L’escalier d’à coté (10) est la seule pièce de cette aile du bâtiment à ne pas avoir été décorée. A la façon de la petite galerie (9) qui ramène les visiteurs dans les années 1730, la balustrade en bois de l’escalier peut donner une idée du château tel qu’il était dans sa première période. On emprunta ici les mêmes idées et influences que pour les escaliers principaux. Le sol de la galerie est de même facture, constitué de simples planches en bois de conifères. Le lisse plafond était prévu pour exposer les plafonds peints de l’artiste italien Bartolomeo Tarsia mais ceux-ci, après avoir été transportée à Ielgava, furent ramenés à Saint-Pétersbourg après l’arrestation du duc. Face aux fenêtres, on eut l’idée de placer des panneaux, mais ce projet n’a pas aboutît.
Apres avoir retraversé la salle d’or (3) et son antichambre (1), vous repasserez devant l’escalier de l’aile est (A).

La salle Zoubov (12)

En face de cet escalier se trouve une pièce (12) qui fait partie de l'histoire plus récente du château. Les meubles et tableaux qui y sont exposés recréent l’atmosphère de l’époque de Zoubov, qui fut contraint de remeubler le château vers 1795. Des meubles russes de style néo-classique cohabitent avec un portrait de Catherine II réalisé par le peintre Jean Baptiste Lampi et une peinture qui montre l’arbre généalogique de la famille Zoubov sur lequel les membres de la famille sont représentés par des pommes d’or. Les objets en porcelaine de la pièce proviennent pour la plupart de Russie, alors que le sol est recouvert d’un tapis tissé dans les ateliers d’Aubusson.

En continuant, vous entrerez dans les appartements du Duc. Ceux-ci occupent la partie centrale du château et comportent plusieurs pièces de réception. Ces locaux n’étaient pas seulement les quartiers d’habitation du Duc mais également un lieu important de la vie du château. Les vingt pièces forment deux enfilades parallèles. L’enfilade côté sud (côté jardin) débute par la bibliothèque et s’achève sur la salle de billard (elles ne se visitent pas pour l’instant). Au milieu se trouve la chambre à coucher du Duc (17). Côté nord, se trouvent les chambres, salons, les deux cabinets, la garde-robe et les salles de bain. On prît bien soin de concevoir une grande diversité de l’effet décoratif de cette longue enfilade de pièces. Les peintures des plafonds succèdent aux reliefs en stuc, les tentures de soie aux décors en stucco lustro.
 
Continuons à présent vers les appartements du Duc.